« Raphaël Revêche, le revanchard » Article de La Nouvelle République du 03/07/2008
« Le slalomeur vindinien privé de JO mais récent vainqueur du double champion du monde Fabien Lefèbre en Coupe de France espère décrocher sa première médaille européenne la semaine prochaine en Slovénie.
Et si c'était l'année de Raphaël Revêche ? Vexé de n'avoir pas réussi à décrocher son billet pour Pékin, son principal objectif cette saison (avril), le kayakiste tourangeau s'est en effet rattrapé le mois suivant en remportant la Coupe de France de slalom (mai) devant le double champion du monde Fabien Lefèvre, celui-là même qui représentera le K1 français en Chine, quatre ans après avoir ramené le bronze d'Athènes.
Cela n'a l'air de rien mais c'est une véritable performance que l'ancien élève de Christophe Augu à Veigné, membre du pôle France de Toulouse depuis 2004, a réalisée. Et cela fixe le décor avant son prochain départ pour les championnats d'Europe en Slovénie. L'ingénieur en procédés à l'Ensiacet (Toulouse), en constante progression depuis deux ans, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.
Il faut dire que les championnats de Solkan (10 au 10 juillet) seront ses troisièmes en trois ans. Après avoir échoué deux fois de suite au pied du podium par équipes, puis regardé la finale individuelle depuis le bord du bassin, il a envie de s'inviter cette fois dans la cour des grands.
« On a vraiment la rage aux dents », explique-t-il, en parlant pour ses deux équipiers, Pierre Bourliaud (Pontarlier) et Sébastien Combot (Lagnon), les mêmes que l'an passé à Cracovie (Pologne). « On n'en parle pas ouvertement mais il est clair que notre objectif est d'aller chercher une médaille. Ce qui serait un formidable déclencheur pour les courses en solo, le lendemain. » On croise les doigts.
“ Les bases acquises sur l'Indre à Veigné sont solides ”
En attendant, cette nouvelle sélection – Raphaël, qui fêtera ses 23 ans le 13 août prochain, a déjà disputé trois manches de Coupe du monde et deux championnats d'Europe (2006-2007) – font la fierté du VICK. Un club qu'il n'oublie pas, bien au contraire.
« Si j'en suis là aujourd'hui, c'est aussi et surtout parce que les bases acquises sur l'Indre à Veigné sont solides », poursuit « Raph » (son surnom dans le monde du kayak) avant de préciser : « Cela ne paraît pas bien gros, Veigné, mais le site nous assure un minimum d'eau vive toute l'année, ce qui n'est pas forcément le cas de la Garonne sur laquelle on s'entraîne au pôle France, par exemple. »
De ce côté-là, pas de souci sur le bassin naturel slovène où Raphaël et ses compères viennent d'effectuer un stage d'une semaine avec l'équipe de France. « Il y a de l'eau ! », conclut-il. « Le niveau n'a pas cessé de bouger d'un jour à l'autre, rendant parfois le parcours difficile. Mais je suis confiant. J'ai beaucoup mûri cette année. Mes résultats sont plus stables. Je suis plus régulier. Je ne vais pas vous dire que je suis à cent pour cent serein car une course ne ressemble jamais à celle de la veille mais j'arrive aujourd'hui à mieux gérer mon stress, à le rendre positif. » Avoir la rage aux dents plutôt qu'au ventre.
Julien MALLET »
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